et de Christophe Siebert
lors d'un diner mondain
avivé par l'alcool
Mon père est proche du maire
J'ai des facilités
dans la vie culturelle
Je prends souvent des verres
avec des sommités
Chacun ses petites gloires
et ses localités.

_"Qu'est ce qu'on a mis entre les gens?
_Des écrans mon ami.
_Des écrans pour quoi faire?"
NOUVEAU

Utiliser l'humour
pour faire venir l'amour
"si j'ai de grands talents
je sais par des instants
resembler à Jamel
et survivre à ce point
qu'on devient surhumain
plutôt que survivant"
Les premiers venus (début de la haute saison)
A la fin du siècle, Mathilde a dix-sept ans. Son cousin, Matthias, qui a vingt ans, va pour l'été travailler dans l'hôtel particulier des parents de l'adolescente. Elle prend l'habitude, de neuf à onze heures, juste avant sa première vacation, d'aller se baigner et se chauffer au soleil, nue, dans la petite crique à quelques pas de la résidence. Elle s'y rend par un sentier et c'est durant le trajet qu'elle ôte sa petite robe d'été.
Les rebonds de ses fesses qui se cognent rendent un hommage au soleil. Leur accord se joue de sa lumière. Mathilde, à l'arrière saison, a joué un petit peu avec les traces et, car elle est sensible aux charmes de l'esthétisme du corps, fleur sensuelle qui naît sous ses propres yeux, accompagne ses mouvements d’une conscience qu’elle aime dissimuler. Elle avait pris soin de colorer sa peau de sorte que nue, le soir, le contraste entre son corps hâlé et la blancheur de ses seins, et surtout de ses petites fesses rondes, l'habillait presque. Elle avait bien vu, au plissures de ses fesses et de ses jambes, à l'arrière un léger dégradé qu'elle allait s'amuser, de jour en jour à faire disparaître, en rétrécissant ses tenues, en passant du maillot une pièce dont la trace était d'un érotisme troublant, au slip et soutien gorge, au bikini, puis au short court, puis au tanga, puis au string , puis aux ficelles, s'amusant parfois à ne porter qu'un haut, pour retenir ses seins qui claquaient contre l'eau quand elle plongeait, les sentir serrés par le tissu mouillé. « Si la perfection doit venir un jour, ce sera cet été avait-elle pensé », alors qu'elle était assise, au bord de la falaise, sur le chemin de ses journées, le tout premier soir de la saison, laissant ouverte sa fente, tandis que les premiers arrivants se faisaient entendre un peu plus loin derrière. Elle avait pour elle l'océan, et elle fit comme un pacte en promettant au soleil, de l'autre côté, d'être là et de suivre son rythme, de lui vouer un culte charnel et spirituel. Elle se leva, ôta quelques brindilles de ses fesses, et parvint à l'accueil, où son cousin présentait les lieux à un jeune couple hollandais
Mathilde s'est retrouvée seule dans sa chambre. Elle avait pris l'habitude de se contempler dans le haut miroir offert par sa grand-mère à sa communion. Mais le regard qu'elle porta sur son corps fut ce soir là bouleversé. Le désir de retrouver le couple, et d'accueillir à nouveau les trois anglais était brûlant d’un flux profond au cœur d’elle-même. Et cela transforma son visage. Elle sentait bien qu'elle était passée par quelque chose qui la marquerait. Elle avait confirmé le pacte avec le soleil. Elle ouvrit la fenêtre, un vent régulier dégageait le ciel pour le lendemain, dans une lumière d'éclipse, qui donnait des reflets sur la mer d'une coloration sanguine.