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le refus d'un éditeur m'a fait très mal, ou disons que ça à laisser vide en moi quelque chose pour laquelle il y avait de la place. j'étas embêté aussi parce que j'avais vraiment envie de partager mes pettes inventions. j'ai été pris par la vie quotidienne, le travail dans lequel je suis mis assez complètement. l'envie d'écrire, le besoin me sont passés vers 30 ans. J'ai traversé le désert comme prévu, et sans arrogance, comme prévu, le sucès est venu. Tou est venu au moment où je me foutais de réussir ou non ma vie. Cet été là, j'ai vu Kiss of  death de Damien Hirst, ce couteau planté dans le coeur d'un taureau qui était mon coeur qui était ma mort, et je suis ressori du palais des arts de Dinar un peu mort, et même complètement. 
Et puis comme à New York, à Barcelone, ou à Paris, j'ai aimé regarder les gens, et je les ai trouvé vraiment intéressant, ces gens.  De toute façon quand je vais à des expositions, je passe surtout mon temps à tendre l'oreille, à bien regarder comment celui là regarde le tableau plein d'émotions. Bourdieu a dû faire un peu comme ça, dans les musées. En fait personne n'arrive vaiment à se dire qu'on va finir par arrêter l'art, parce qu'on pense que ca veut dire à peu près la fin du monde, la fin de l'homme.
J'y ai pensé quelqus mois plus tard, et je me suis dit que les gens aimait le trash, la violence et la mort, quand ils sont dans le cocon de l'oeuvre. Et depuis je n'aiplus peur de rien, et ce qu'on appelait nonchalence ou laisser aller dans mes textes, on nomme ça maintenant liberté

la lune infernale a pris le pas sur l'homme
débordé et noyé par les vents tout puissants
silencieux et méchants, mauvais comme
le coeur blessé de l'artiste

et les bars de Valence crépitent dans l'été
on y boit de l'absinthe, on y fume des herbes
et ces deux là qui viennent se sentent vraiment biens
au milieu de la nuit, ivres et excités

Ils existent enfin de manière certaine
ils ont vomi le rapport à toute actualité
et sont intemporels
dans leur neuve amitié

et s'abreuvent aux canettes, offrandes provinciales
que quelques jeunes errants
lâche comme des traces
dans les ventres percés comme la fusée
sait vite percer l'espace

et les sexes des filles commencent à monter
à leur narines enfin décomplexées
de l'orgueil de l'art et de la société
ils n'écrivent plus depuis longtemps

car ils ont renoncé
à ce fameux combat, cette grande idiotie
ils ont fait une croix
sur la vie de contrainte


L'un regarde l'autre
dans le noir des non sens
et comprend très bien
qu'il va finir par perdre

ce qui restait de lui
dans le petit bruit
de mort de l'aube qui se lève
Nous l'aurons traversé
aussi mal que l'histoire

ce bel anniversaire
cette bonne vieille blague
l'enterrement de jeunesse
la maison qui t'attend
le salariat d'esclave
et cette vieille amoureuse
cette grande compagne
pour qui deux compagnons ont décidé de vivre







Elle a mis sa main sur ma braguette et j’étais tout bizarre. Avec les filles, je le répète, je n’ai pas eu un succès fou jusqu’à présent. Je ne suis pas moche, j’ai même un visage bien et un physique correct, mais je n’ai pas trop le sex appeal, le truc qui les tombe toute quoi, je ne dois pas avoir les yeux qui comme on pourrait dire, sentent la chatte, mais ce doit aussi être la manière dont je me représente les choses, je ne sais pas trop, et puis mon intention n’est pas au départ de collectionner les femmes, parce que chaque séparation veut dire une douleur supplémentaire. Et puis j’ai tendance à négliger mon apparence physique, entre autres choses. Le fait est que l’occasion s’est présentée, et je n’ai pas trop hésité, enfin je n’ai pas eu le choix. Mon fantasme était là tout cuit. J’allais confronter la réalité avec la longue préparation de mes fantasmes et de mes désirs. Alors c’était marrant, et moi j’étais comme dans un état de grâce, je me demande même si à un moment je ne me suis pas dit qu’enfin, j’avais bien fait de ne pas me suicider, ou de faire des conneries comme de me piquer avec une seringue d’héroïne, ce qui m’a toujours beaucoup tenté, ou bien draguer une nana de 16 ans, mais quoi, je ne suis pas assez artiste. J’avais bu juste ce qu’il fallait pour bander comme il faut, tranquillement, même plutôt bien. Bander c’est une inquiétude, ça ne devrait pas, c’est une inquiétude quand même. Je suis un paysan, mes grands parents avaient un élevage de cochons. Mon père qui était le second fils, a fait de l’informatique et m’a passé le virus. Il s’est mis en ménage avec une belle infirmière de qui il a divorcé et qui est morte et qui est ma mère. C’est la douleur de ma vie. J’ai pleuré quelque jours, et je me suis dit depuis que je serai toujours un peu triste, qu’il me manquerait toujours quelque chose. Finalement, plus je vis, plus je me dis que ce monde est cruel et je pense vraiment que la mort en constituant la fin et le repos éternel, n’est pas à craindre, c’est même l’idéal et mes seules inquiétudes à ce sujet concernent l’utopie qui se profile à travers elle, l’utopie du repos éternel, et donc de l’éternité

"les livres, c'est un truc de paysan, ou de campagnard, c'est Truffaut qui m'a fait penser à ça. moi je n'ai pas été publié pendant longtemps parce que je n'avais pas vraiment le temps de peaufiner. C'est bizarre que Zoo soit sorti le premier car ce n'est pas moi qui l'ai terminé, il ont été à trois ou quatre chez L.., ils y ont travailler six mois, quelques heures par jours, ce qui moi m'était impossile avec mon job
j'ai vite compris que la littérature n'échappait pas à la vulgarité suprême...ce qu'on appelle de manière cavalière la réalité,la poésie du quotidien, etc. 
souvent je me suis interrogé sur ma plus value, sur ce que j'avais de plus ou de moins que les autres, et puis j'ai aussi mis du temps à comprendre ce que je dois bien garder secret,"

Sur le cahier de Paul, il y a plein de tâches de sang juste où sont inscrit ses lignes. Il y a également des croûtes de ce qui ressemble à de la morve. Je me demande comment il prendrait le fait que je fouille et rend publics son passage, ses textes écrit à Prague. 

"
deux blondes se succèdent dans mes fantasmes devant le magasin de souvenirs
entre elles et moi, il n'y a finalement pas grand rapport
et dans mon état
je ne suis pas bien certain
d'avoir un rapport bien affirmé avec qui que ce soit


je suis très heureux
car mon histoire commence à ressembler 
à celle des grands maudits
que j'aimais quand j'étais petit

"

ai écouté Dominique A "oui en secret, en secret"





 

il a passé trois jour à l'hotel Mucha, à quelques centaines de mètres du centre historique. Le recetionniste se souvient d'une journée où Paul n'est pas sorti de sa chambre et l'a contacté pour que ne fasse pas le ménage. Je ne sais pas quoi penser de cette journée.
dans Dexterité, écrit à Lyon, chez Florent Dessalin, il a écrit " J'ai fait le point sur le temps que je pensais perdu : cinq heures par jours pendant dix ans. La technique est entrée dans ma vie avec l'idée de mettre tout en branle, et elle y est parvenue. Télévison, Internet, jeux videos, tout cela comble le vide qu'aurait pu combler la littérature. La seule différence est le manque de sublimation des nouvelles technoligies, telles que je les utilise du moins. Ce monde trop libre a porté l'individu à vivre soit sur la mise en valeur sans cesse renouvelée et commerciale de soi, soit dans des trous d'airs de désublimation et de clochardisation soft: je suis de la deuxième catégorie, celle qui vaut aussi pource que les analyste ont appelé des artistes sans oeuvre.

 
. Il ne voulait jamais sortir, ou alors pour aller au restaurant. Il pretextait toujours un travail en cours, d'une manière très vague, comme pour nous détourner de son occupation précise. Nous savions tous qu'il écrivait, mais il préférait parler d'article à vocation scientifique ou technique, il ne supportait pas l'idée de parâitre comme un artiste ou un écrivain. En cela, il devait profondément ce détester. Mais peut-être ne se pensait-il pas écrivain, ça n'est pas très clair. A la lecture de ses Confessions, nous avons tous compris qu'il passait un temps fou à ne rien faire, à attendre, ou à perdre son temps comme il écrit dans "La vie perdue dans l'écran". A une époque, je sais qu'il passait ses nuits entre la Playstation et les films pornographiques, en fumant de l'herbe, et qu'il écrivait des poèmes ou des morceaux de textes pour de laver de ce temps vain. Il était paniqué à l'idée de ne plus écrire, c'était comme d'un myope d'aller dans la ville sans ses lunettes. Il a du croire, ou comprendre à un moment, que l'écriture était un faux semblant, un mensonge sur lequel il avait bati sa conception du monde. Or à jouer sur les deux tableaux de la poésie cachée et de ses emplois de consultant ou de chargé de mission, il a souvent penser devenir fou, mais surtout il a rêvé mille fois, de reprendre sa vie depuis le début, sans cet engrenage, qui l'a conduit à disparaître aujourd'hui, pour nous perdre, nous qui le prenions pour un écrivain de classe moyenne.

30 degrés dans la cuvette. Allemands, Anglais, Espagnols, Russes, Français, envoutés par la beauté des femmes transpirant en faisant mine de porter à l'architecture un intérêt esthétique_au loin La Petite Musique de Nuit cogne le corps de Paul, malade de soleil exaspérant_et photagraphient et figent l'indignation suprême à être laid. Et chacun se demande comme celle-ci vit, et comme celle-là va, où, et pourquoi. On ne fera pas l'amour ce soir mon canard, car nous avons épuisé nos liqueurs, et notre libido se métamorphose doucement, entre un cimetiète juif, et le grand couronnement. Il y a écrit, sur le journal de Paul :
"On m'envoit ici peindre l'Europe, là où je ne vois que le monde, la foule toujours envieuse d'une communion esperée".
Paul a disparu depuis maintenant trois semaines. Je suis à sa recherche.
_je ne sais pas, mon idée première c'était la poésie, et je n'ai pas honte de dire que mon intérêt pour le roman est devenu un souci pour le roman, et que ce souci repose sur des considérations financières. l'idée un peu idiote (trop ou pas assez modeste), c'était 300 000 euros, et suivant les termes du contrat 100 000 à 200 000 acheteurs. J'ai abandonné la lecture de roman vers 22 ans, quand j'ai commencé à vivre (comme par hasard). Je suis un peu comme ce satané Chirac avec la Poésie : c'est pas long, direct, efficace, pour moi c'est mieux quoi. En plus, sans le vouloir, la politique poétique est beaucoup plus souple, elle échappe grosso modo au marché, et d'ailleurs il y a tout ce que peut ça peut trâiner derrière, ce truc de marginalité, bien sombre, pâs du tout joyeux par moment, car la poésie c'est le déclassement.
J'allais dire une bêtise sur le manque de séducation de la poésie. Je pense aux filles, aux femmes que je lis, qui font des poèmes, on sait bien qu'il y a de la souffrance, mais ça a le mérite d'être clair. La femme souffre aussi comme l'homme, de la vie pleine et réelle. Cela a tendance à m'intriguer et j'éprouve à leur égard un sentiment amical ou amoureux.
_Est-ce que ce n'est pas le romantisme contemporain : montrer ce qu'on mériterait tous, laisser apercevoir notre puissance, puis pshhittttt (comme dirait l'autre), on s'évapore, quand on ne meurre pas, de préférence pas très vieux, et même un peu jeune?
Le style ?
ça dépend des goûts et parfois aussi un peu des égoûts
et aussi des coups
en vouloir  à son père
pour l'interdiction implicite d'écrire
et l'aider à couper du bois
et boire du vin avec le voisin
celui qui a tué sa femme
avec une carabine
et qui n'a fait que dix ans

et remercier son père pour les limites données

ecrire un poème
caché par la couette
à 39 ans,
vivre seul avec son père
malade et violent
et bien cacher toute la poésie
l'enfouir
parce que ça fait pd
que ça ne mène à rien

faire du vélo
dans la forêt
décourvir un corps
sous les feuillages
le ramener chez lui
le mettre dans son lit
lui mettre la télé
écouter longuement
son avis sur le monde



trouver l'imprimeur
qui aura la primeur
***

trouver le bon format et la bonne formule

***
écourter le jour pour s'écouter la nuit


*****
s'envoyer le gros texte
et trouver à un peu
anti-solipsiste

****

se relire
et se dire qu'il serait temps
de
se défaire

du texte

***
relire platon
un peu absorbé par l'idée de changer
de voiture

***
s'inscrire sur Mabrook
et se faire 30 millions d'amis



recevoir le mail
à 21h57

nous avons aimé votre scénario


et bien se répéter

pas en dessous de 20 000 euros


penser au suicide
par manque de discernement
par oubli

et se reprendre

à l'idée même de la possibilité de dormir

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