Exercice de cure 2003 /effets de style

Publié le par Paul Freval

J'ai vu se balader le petit chien du voisin
Sur le trottoir d'à côté
Je l'ai vu plusieurs fois voler
D’un bord à l'autre de la rue
Par dessus les toits.
 
Tout les matins le buraliste et le boulanger
Reçoivent dans leurs boutiques
Les habitants alentours.
 
Il y a ceux qui vont au travail, il y des étudiants, le pain est frais et les croissants sont chauds. Personne n'est bien réveillé, vraiment réveillé.
 
Mais le journal lu et le pain mangé, la fraîcheur d'un fruit pique la bouche, la refroidie. Tiens j'irai bien courir demain matin, à l'aube pour voir ce que ça fait d'être complètement frais. Mais ce serait un effort trop brutal pour un tel moment. La douche a les vertus tranquilles d'une métamorphose. Déjà commence à se faire entendre les premiers pas dans l'entreprise. Il se peut que la nouvelle soit arrivée à l'aube. La promotion l'attend peut-être, ce serait un plaisir inouï, plus délicat et plus profond encore, que celui de la nuit.
 
 
Curriculum vitae
 
 
Madame la présidente,
 
         Je sollicite par la présente ma tendre affection pour votre entreprise ainsi que pour son éclat qui n'a de pareil que vos yeux. Oui madame la présidente travailler à vos côté serait apprendre à nous connaître mieux, après le stage d'un été dernier qui fut pour moi le premier d'une nouvelle vie. J'ai beaucoup appris à votre contact, et l'honneur que vous m'avait fait de me soutenir lors de la mise en place d'un projet que beaucoup voyaient risqué, voire inutile me rend encore plus désireux de prendre le siège laissé vaquant par Monsieur De Lucas à la suite de sa nomination pour son siège de parlementaire européen. Oui madame la présidente je souhaite prendre place au sein de General Motors et partir le Week End, faire les hôtels de la côte, aller passer la nuit sur la plage aux grandes nuits de juillets, vous dire comment il est bon de dormir à la belle étoile, d'apprécier le dénuement de nous même, ailleurs que dans les grandes villes de ce monde. Pour y retourner et nous mesurer à la terre entière, avec la force d'influence de la General Motors.
         Madame je vous appellerais le soir où vous recevrez ce courrier pour vous proposer un entretien. Croyez à mes meilleures intentions.
 
Chanson
 
 
J’ n’ai pas bien compris où tu voulais en venir
J' n’ai pas voulu voir, j n'ai pas voulu savoir
Mais je savais déjà Mais je savais déjà
Mais je savais déjà que tu n'étais plus là
 
Et quand tu reviens me voir
Quand tu me laisses
Quand tu me blesses
Et puis quand tu repars
 
Je rêve d'un autre univers
Je prends d'autres chemins
Je caresse des mains
Tu sais j'ai pas souffert
 
Je n’ai pas bien compris où tu voulais en venir
Je n’ai pas voulu voir, je n’ai pas voulu savoir
Mais je savais déjà Mais je savais déjà
Mais je savais déjà que tu n'étais plus là
 
Et quand tu reviens me voir
Quand tu me laisses
Quand tu me blesses
Et puis quand tu repars
 
          
        
         L'écriture de cet exercice se propose de répondre à la discipline, ou au projet suivant : écrire dans la cure. Comment la cure joue de l'identité, comment elle propose une autre voie. En définissant la cure comme pause en vue de rupture, nous envisageons l'idée d'un détachement.
 
         Medhi Belhaj Kacem :" L'amour a tout d'une toxicologie. Mais justement, les seuls symptôme toxicologiques de l'amour ne prouvent pas encore que c'est d'amour qu'il s'agisse."
 
         L'exercice se terminera à la première éjaculation survenue à la suite d'un onanisme. Elle vise directement la notion de volonté. Philosophie pragmatiste donc en cela que nous ne passerons pas notre temps à déblatérer de l'idée de volonté mais nous nous en faisons le praticien.
 
        
         Je ne suis pas peu fier de prolonger cet exercice. Les éditeurs ne répondent pas, en cas de non réponse je serais contraint d'opter pour une stratégie efficace, précise et détachée des exigences universitaires. Le terme d'imbrication me semble adéquate pour affiner la pensée dialectique. Non pas le dépassement de deux termes antinomiques par leur confrontation ou leur conflit. Ni le manichéisme tel qu'il est perçu par les occidentaux du ying et du yang.
 
 Les diverses contraintes sont les suivantes :
 
1_Une vie qui prenne en compte le corps. Le corps est le lieu du bonheur. Par lui tout passe.
2_Une vie économiquement satisfaisante. Ce qui signifie la possibilité de se payer un logement, de la nourriture, des achats divers, des voyages. L'idéal est un salaire fixe. A ce salaire peut s'ajouter diverses rentrées soit liées à des travaux extérieurs au travail, soit directement lié.
3_La conversation amoureuse est une exigence. Du moins le rapport réciproque est le plus subtile et le plus fort qui soit.
4_L'amitié est d'un autre domaine. Hypothèse de la forme sociale de l'amour ou construction personnelle de la famille.
5_Il est de toute première instance de trouver des formes de bouc émissaires causaux. Mais prendre paradoxalement ceux-ci en comprenant bien qu'il ne peuvent, qu'ils ne doivent en aucun cas vous nuire. Choisir et connaître la société industrielle comme bouc émissaire ne peut se faire sans une exigence de clarté à son encontre, une définition précise de ses composantes conceptuelles.
6_La vie en jeu. La prise de risque.
7_ La sociabilité est de toute première importance. Elle nécessite un art précis.
 
C'est le sixième jour et la fin de l'exercice a sonné.
Nous terminerons par une morale.
 
A travers la cure, nous avons voulu mettre à l'épreuve physiquement la notion de volonté si chère aux philosophes (et désormais aux politiques) . Nietzsche a parlé de la volonté plus que de la puissance. Il est mal vu de voir la volonté comme tremplin à la puissance. Ce serait penser le vouloir comme sûr de lui et confiant. Le moindre dérangement perturbe le criminel. Il est paranoïaque et nous sommes des criminels en puissance. L'importance de l'habitation, aussi futile puisse telle être pour le stressé, doit être bien comprise par le lecteur. Ecrire au bord d'une forêt, dans la quiétude prétendue du silence, et écrire dans le creux d'un appartement délicat, avec dans la rue la vie bouillonnante, le strass et le pas des femmes, avec à deux pas la possibilité de croiser son plus cher ennemi, la chance de partager une soirée avec des personnes aimées. Tout cela pour affirmer que le développement des villes a totalement modifié la pensée. Relecture d'Aristote au moyen âge (qui devient de moins en moins moyen âge) . Il est bon d'entendre Jean Voilquin dans l'introduction à l'Ethique de Nicomaque relever l'incohérence légendaire de l'élève, dans l'ombre de Platon. "La cohérence est ce qui manque le plus à la morale du fondateur de l'Ethique."reprend -t-il
 
LA Teuf
 
Bien manger, bien boire, bien rire, chanter, bien voir.
 
Et puis bien penser.
 
Etre en forme, avoir la pêche.
 
La pêche, ce fruit défendu postmoderne.
 
Fin

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