LA SAISON DE MATHILDE

Publié le par Paul Freval

Les premiers venus (début de la haute saison)

 

A la fin du siècle, Mathilde a dix-sept ans. Son cousin, Matthias, qui a vingt ans, va pour l'été travailler dans l'hôtel particulier des parents de l'adolescente. Elle prend l'habitude, de neuf à onze heures, juste avant sa première vacation, d'aller se baigner et se chauffer au soleil, nue, dans la petite crique à quelques pas de la résidence. Elle s'y rend par un sentier et c'est durant le trajet qu'elle ôte sa petite robe d'été.

Les rebonds de ses fesses qui se cognent rendent un hommage au soleil. Leur accord se joue de sa lumière. Mathilde, à l'arrière saison, a joué un petit peu avec les traces et, car elle est sensible aux charmes de l'esthétisme du corps, fleur sensuelle qui naît sous ses propres yeux, accompagne ses mouvements d’une conscience qu’elle aime dissimuler. Elle avait pris soin de colorer sa peau de sorte que nue, le soir, le contraste entre son corps hâlé et la blancheur de ses seins, et surtout de ses petites fesses rondes, l'habillait presque. Elle avait bien vu, au plissures de ses fesses et de ses jambes, à l'arrière un léger dégradé qu'elle allait s'amuser, de jour en jour à faire disparaître, en rétrécissant  ses tenues, en passant du maillot une pièce dont la trace était d'un érotisme troublant, au slip et soutien gorge, au bikini, puis au short court, puis au tanga, puis au string , puis aux ficelles, s'amusant parfois à ne porter qu'un haut, pour retenir ses seins qui claquaient contre l'eau quand elle plongeait, les sentir serrés par le tissu mouillé. « Si la perfection doit venir un jour, ce sera cet été  avait-elle pensé », alors qu'elle était assise, au bord de la falaise, sur le chemin de ses journées, le tout premier soir de la saison, laissant ouverte sa fente, tandis que les premiers arrivants se faisaient entendre un peu plus loin derrière. Elle avait pour elle l'océan, et elle fit comme un pacte en promettant au soleil, de l'autre côté, d'être là et de suivre son rythme, de lui vouer un culte charnel et spirituel. Elle se leva, ôta quelques brindilles de ses fesses, et parvint à l'accueil, où son cousin présentait les lieux à un jeune couple hollandais

Publié dans Roman - Nouvelles

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