Mille plateaux(27)

Publié le par Paul Freval

_je ne sais pas. le problème du roman, c'est que c'est long. (queue c'est long). Ecrire, cela dure généralement quelques mois, puis je reviens dessus, en m'apercevant qu'il y a des petites incohérences de scénario, si l'on peut dire. Les titres, c'est un véritable problème aussi, et je n'arrive pas à choisir vraiment, mais je me dis que c'est à l'editeur de ses débrouiller avec ça. Je suis très mauvais dans la finition. Quand Flammrion m'a contacté et m' ademandé de reprendre le manuscrit pour refaire le premier chapitre, j'en ai été complètement incapable, c'est pour ça que Zoo Paradise a mis autant de temps à sortir. Il m'arrive souvent de regeretter cette vie d'écrivain sans succès. ça me prend beaucoup de ma force, même si c'est vrai que cela doit me tenir quelque part. A cause de l'écriture, je bois, je fume beaucoup trop, ce qui n'arrange pas ma santé déjà précaire. C'est vraiment un long travail de solitude, et j'allais dire déjà de mort. Physiologiquement, donc stylistiquement, comme dirait Buffon, que Houellebecq a aussi cité, je suis à part. L'édition en ligne, finalement m'a sauvé, et l'édition papier, finalement c'est au fond un geste commercial et anti ecologique, ce qui n'est pas forcément pour me déplaire. 
_Vous n'arrêtez jamais la poésie, contrairement à ce que vous anonciez dès 2006...
_(silence)...Euh...(jean Gorzar fait une moue de circonspection)...Non.
_c'est plus fort que vous ?
_Il y a tellement de choses plus fortes que moi. J'ai pris avec la littérature le même chemin finalement que celui que j'ai pris avec le football. Sauf que le footbal c'est quantifiable, la littérature aussi, mais enfin, il y a beaucoup d'histoire là dessus, sur ces artistes qui ne sont connues que d'une centaine de personnes, aimées par quelques dizaines de personnes, et qui ne marchent pas vraiment, ou alors cela met un temps fou. mais cela c'est la mordernité, c'est un schéma assez ancien qui ne fonctionne plus qu'à demi, qu'un peu. j'ai du mal à penser qu'on ne parlera pas de Houellebecq, d'Angot (c'est beaucoup moins sûr), ou de bret Eston Ellis dans trente ans. Mais on s'en fout. au final, je m'en fout, c'est un peu un abandon, une sorte de dépit, mais je m'en fout. C'est une douce folie, mais je m'en fout. Je regrette seulement de ne pas avoir accès aux très grands restaurants, je voudrais aussi de temps en temps être sur un plateau avec des célébrités, mais, bon. C'est la rançon de l'insuccès.

 

Publié dans Vers versus

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