Karl Aspi

Publié le par Paul Freval

“_J’ai bien essayé d’écrire sans shit, mais je n’y arrive pas. A l’instant où je frappe ces lignes par exemple, j’ai fumé un pétard, et j’ai descendu quelques whisky, et fumé un nombre de cigarettes qui ferait mal à toute la flopée de suiveurs et d’arrêteurs de cigarettes, parce que vous savez… le cancer. Bon voilà ce qui est bien mal entamé pour un roman, de toute façon, ce n’est pas mon intention. Cette semaine j’ai lu l’horoscope parce que je recherche un travail, oui vous voyez un peu le lien, et bien je me suis trompé de signe, encore que ...alors on disait je ne sais plus à qui, enfin on les prévenait cette flopée de, non pas de jeunes, non pas d’ouvriers, non pas d’intermittents du spectacles, non, on disait,je me demande si on ne disait pas ça au sagittaire, oui on leur disait  (j’aimerais déjà avoir écrit cinq cent pages, c’est le but quand même de montrer, nous aussi qu’on est capable de pondre des pavés, et pas seulement de les lancer, bon c’est minable comme jeu de mot je sais, oui, velléitaire que vous êtes tous les sagittaires alors attention parce que si on lit un gars de la Sorbonne, le projet, le projet c’est très important, il le dit mieux que moi, c’est son métier, il le dit, le projet, c’est devenu central, qui a des projets, ton projet? Ton projet, ton avenir, demain qu’est-ce tu fais et après et à moyen terme et à long terme hein qu’est ce que t’as prévu de faire à moyen et à long terme, là tu as quel âge, vous avez quel âge, et dans dix ans, ah ah ah ah oui hein, ça fait bizarre quand même hein, non, oui, d’y être un peu plus près, enfin non, non je ne suis pas d’accord avec ça, on ne suit pas une ligne qui va d’un point à un autre, je peux, tu peux, il peut bien mourir demain, non, si , bon, alors j’ai raison, qu’on ne fasse pas le coup de la raison, car la raison c’est ça on peut mourir demain, enfin si bien sûr la raison ça veut dire que l’on fait comme si on allait mourir statistiquement c’est à dire qu’on allait mourir par exemple, je suis velléitaire, oh non de non, enfin bref, oui alors, les clochards les charclots, les clodettes, les paillettes, les stars et tout ça sans la moindre trace de hash, encore que les deux qui sont passés là tout à l’heure  avec qui j’ai mangé s’étaient enfilé une doudouille, aille ouille ouille, peut être que ça me revient dessus comme ça, sans prévenir, ola, la pire des choses quand on écrit c’est d’avoir cette petite voix, vous savez enfin j’espère vous que vous ne savez pas, cette petite voix qui dit : regarde comme on te regarde, ça c’est pénible, il faudrait oublier le lecteur, enfin écrire différemment, aller plus vite encore moi la j’essaie d’aller vite ça va un peu n’importe comment, pas du tout posé quoi, un peu de la merde aussi, pas perdre le fil, je l’avais je l’ai plus, ça durera ce que ça durera juste le temps de rebander, bah oui je vous ai pas dit, tiens confessions c’est pas mal ça, ça m’ennuie beaucoup d’écrire un livre qui sera sans doute moins lu que celui de loana ou que celui de lio, encore que ma dernière rencontre avec Léon Zitrone fut formidable, ça n’a rien a voir, juste pour vous dire que je connais quelques personnalités, oui, Léon et Loana, c’est deux filles bien, enfin des femmes, avec Loana, on a mangé au Mcdo vite fait il y a  longtemps je crois elle n’était pas encore connue, enfin bref, je dis enfin bref comme ça, ça me fait penser à quelqu’un mais j’ai la flemme de vous le dire (oui je sais que Léon n‘est pas une femme), et puis je n’en ai pas le droit, c’est un secret professionnel, c’est con, très con parce que j’ai écrit un truc qui me plaisait et surtout il devait y avoir soixante et quelques pages et puis j’en ai perdu trente, surtout des pages importantes, guillaume descendait en Espagne et tout et tout, il s’était arrêté dans une villa et tout, une villa d’un ami bourgeois, et il avait piqué des sous, s’était fait arrêté a la gare et le flic chargé de l’interrogé l’avait relâché parce que le guillaume avait un air du frère du flic, frère mort dans un accident de voiture conduite par... le flic, donc scène de quasi psychanalyse dans le commissariat puis première rébellion du flic de sa vie, le chef, je sais pas disons le commissaire il a écrasé sa gueule et le Guillaume est reparti en Espagne, et oui, a la frontière, il dort dans une usine en ou plutôt un entrepôt en ruine, et il rencontre un noir qu vend des montres, et des cannes à pêches a la frontière, et il sympathise bien, jusqu’a ce que le noir et la je m’arrête, je sais plus, il lui pique rien, il est pas la, il part, il disparaît sans rien dire, le Guillaume ne comprend pas, il est déçu, oui il est déçu le Guillaume, bon je ferais un copier coller pour vous en dire plus sur lui et comment il est parti, sinon avec Guillaume c’était la deuxième partie du truc quoi, la première c’était P.F., celle la je l’ai cette partie, je crois du moins, alors voilà, j’en était donc à Guillaume. Il y a Paul, il y a Guillaume, et il faudrait encore quelques personnes vous voyez, il leur arrive plein de truc c’est fou ce qu’il y a faire et même a laisser faire, il y a toujours un tas de truc, c’est des conneries tout l’histoire du vide et du néant, faut vraiment rien voir, tout ce qui pense au nul et tout ça, vraiment, il voient rien, rien du tout, je me demande si ils ont peur d’être déçu ou quoi, de voir le théâtre partout sans arrêt et l’opéra aussi et les gens qui chantent comme des pieds mais c’est mieux que des bottes encore que, oui, c’est formidable de voir le monde complètement péter, alors je me demande si je vais pas aller me coucher parce que ça devient grave de parler de ça, je sais pas c’est quand même pas la télé qui invente ça, non, il y a bien des gens qui se cognent dessus sans arrêt, c’est ça ou quoi, on se fritte la trogne, c’est pas des bagarres a coup de poing, ni a coup de haches c’est des bagarres a coups de fusils, de grenades, de bombes, le  monde finira par péter si ça continue, je vous jure, c’est vrai non, vous ne croyez pas, vous que c’est possible, a la la la ça va vite vite vite, vous ne croyez pas vous que le monde puisse péter, c’est bien possible, oui, qu’il éclate le monde, je dis pas forcément avec un cocktail, mais je sais pas, avant longtemps, enfin d’ici la me direz vous, il y a le temps de se passer des choses, on a encore le temps de se gagner une ptite coupe du monde, de se taper quelques comment dire enfin vous voyez bien, encore le temps aussi de rencontrer du monde, de passer du bon temps merde, de marquer le monde nous aussi mince, avant que ça casse, on sait jamais, on ne sait pas, autant mettre comme une bouteille a la mer, non je veux dire, donner un signe qu’on est la quoi, pas passer à côté, gueuler un bon coup aussi, même pour jouer ou rien que pour les embêter un peu ces cons, oui pace que le monde pourrait se diviser en deux sphères celle de la connerie et celle de la pas-connerie, alors quelquefois on est con mais si ça dure c’est pas bon faut éviter quoi, faut dire stop, enfin je me sens pas visé, encore heureux, oui ça va péter et ça me fatigue du coup rien que d’y penser, alors alors, alors voila :

Publié dans Roman - Nouvelles

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