PC HEBERT

Publié le par Paul Freval

Terminé.
Nous voilà. Nous avons terminé.
"Je suis un soldat. J 'ai échappé au naufrage."
L 'image des autres. Qui sont les autres au juste ?
Le roman, tel que je l'entends (l'attends), peut tout à fait, alors qu'encore les pères_ je parle de ces idoles chéries, sacrées jusqu'aux bouts_les pères endoloris et s'éloignant, bien loin, travaillent à notre monde, le roman tel que je l'entends, a tout du dernier acte classique. Nous ne possédons le sens inné des mouvements et des cataclysmes structuraux. Le vécu même pour les commentateurs des choses humaines _qui vivent aussi, l'entreprise de réflexivité s'étend jusqu'aux populations les plus inaptes à toute réflexion_ le vécu n'a que les apparats de la vie. L 'outil est assurément certain, on en regrette seulement le caractère construit, et déjà le mot comme un fossoyeur : c'est que le vécu n'est pas la vie. La volonté du roman, et plus généralement de la littérature, a été le travail d'emprise sur le monde, de contrôle et de maîtrise des affaires humaines. C'est que l'un toujours échappant à l'autre, la rencontre voulait l'appui d'un tiers, qu'on l'appelle postérité, expérience ou art.
Le roman n'a plus de raison d'être en dehors de la prise de position, la prise de parole. Le style, les règles, tout ce qui a pu être de l'essence d'un objet , tout ce qui a fait la beauté et la joliesse enluminées, tout cela que nous avons tant aimé, nous ne l'aimons plus.
A se distinguer le regard du romancier a fini par se détacher pour toujours du monde : ton miroir est brisé, tu es mort.
Les cendres volèrent. Jean Gorzar, dont j'imaginais le cadavre imposant sa force aux dimensions sous-marines, était mort. Paul s'était multiplié. Revivrait-il ?
Edwige arriva, le teint halé. Elle avait laissé Juan à Paris. Elle alla. Vers Nathan elle alla. Elle lui pris la main, puis le bras, elle pleura. Elle étouffa les sanglots, nous salua tous, elle me serra très fort la main.
_Vous pouvez y allez... La musique va commencer.
Mon ami, qu'avons nous fait qui ne soit pas béni
Mon ami, qu'avons nous dit, qu'avons nous écrit ?
Guillaume me prit la main, il me la serra, nous regardâmes tourbillonner. Le trou me parut immense, je tombai.
Le vent souffla et la pluie lourde s'abattit.

Publié dans paulfreval

Commenter cet article