2.Je ne comprenais pas ses réflexions sur la solitude

Publié le par Paul Freval

. Il ne voulait jamais sortir, ou alors pour aller au restaurant. Il pretextait toujours un travail en cours, d'une manière très vague, comme pour nous détourner de son occupation précise. Nous savions tous qu'il écrivait, mais il préférait parler d'article à vocation scientifique ou technique, il ne supportait pas l'idée de parâitre comme un artiste ou un écrivain. En cela, il devait profondément ce détester. Mais peut-être ne se pensait-il pas écrivain, ça n'est pas très clair. A la lecture de ses Confessions, nous avons tous compris qu'il passait un temps fou à ne rien faire, à attendre, ou à perdre son temps comme il écrit dans "La vie perdue dans l'écran". A une époque, je sais qu'il passait ses nuits entre la Playstation et les films pornographiques, en fumant de l'herbe, et qu'il écrivait des poèmes ou des morceaux de textes pour de laver de ce temps vain. Il était paniqué à l'idée de ne plus écrire, c'était comme d'un myope d'aller dans la ville sans ses lunettes. Il a du croire, ou comprendre à un moment, que l'écriture était un faux semblant, un mensonge sur lequel il avait bati sa conception du monde. Or à jouer sur les deux tableaux de la poésie cachée et de ses emplois de consultant ou de chargé de mission, il a souvent penser devenir fou, mais surtout il a rêvé mille fois, de reprendre sa vie depuis le début, sans cet engrenage, qui l'a conduit à disparaître aujourd'hui, pour nous perdre, nous qui le prenions pour un écrivain de classe moyenne.

Publié dans Roman - Nouvelles

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