j’étais tout bizarre

Publié le par Paul Freval

Elle a mis sa main sur ma braguette et j’étais tout bizarre. Avec les filles, je le répète, je n’ai pas eu un succès fou jusqu’à présent. Je ne suis pas moche, j’ai même un visage bien et un physique correct, mais je n’ai pas trop le sex appeal, le truc qui les tombe toute quoi, je ne dois pas avoir les yeux qui comme on pourrait dire, sentent la chatte, mais ce doit aussi être la manière dont je me représente les choses, je ne sais pas trop, et puis mon intention n’est pas au départ de collectionner les femmes, parce que chaque séparation veut dire une douleur supplémentaire. Et puis j’ai tendance à négliger mon apparence physique, entre autres choses. Le fait est que l’occasion s’est présentée, et je n’ai pas trop hésité, enfin je n’ai pas eu le choix. Mon fantasme était là tout cuit. J’allais confronter la réalité avec la longue préparation de mes fantasmes et de mes désirs. Alors c’était marrant, et moi j’étais comme dans un état de grâce, je me demande même si à un moment je ne me suis pas dit qu’enfin, j’avais bien fait de ne pas me suicider, ou de faire des conneries comme de me piquer avec une seringue d’héroïne, ce qui m’a toujours beaucoup tenté, ou bien draguer une nana de 16 ans, mais quoi, je ne suis pas assez artiste. J’avais bu juste ce qu’il fallait pour bander comme il faut, tranquillement, même plutôt bien. Bander c’est une inquiétude, ça ne devrait pas, c’est une inquiétude quand même. Je suis un paysan, mes grands parents avaient un élevage de cochons. Mon père qui était le second fils, a fait de l’informatique et m’a passé le virus. Il s’est mis en ménage avec une belle infirmière de qui il a divorcé et qui est morte et qui est ma mère. C’est la douleur de ma vie. J’ai pleuré quelque jours, et je me suis dit depuis que je serai toujours un peu triste, qu’il me manquerait toujours quelque chose. Finalement, plus je vis, plus je me dis que ce monde est cruel et je pense vraiment que la mort en constituant la fin et le repos éternel, n’est pas à craindre, c’est même l’idéal et mes seules inquiétudes à ce sujet concernent l’utopie qui se profile à travers elle, l’utopie du repos éternel, et donc de l’éternité

Publié dans Roman - Nouvelles

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