trio

Publié le par Paul Freval

la lune infernale a pris le pas sur l'homme
débordé et noyé par les vents tout puissants
silencieux et méchants, mauvais comme
le coeur blessé de l'artiste

et les bars de Valence crépitent dans l'été
on y boit de l'absinthe, on y fume des herbes
et ces deux là qui viennent se sentent vraiment biens
au milieu de la nuit, ivres et excités

Ils existent enfin de manière certaine
ils ont vomi le rapport à toute actualité
et sont intemporels
dans leur neuve amitié

et s'abreuvent aux canettes, offrandes provinciales
que quelques jeunes errants
lâche comme des traces
dans les ventres percés comme la fusée
sait vite percer l'espace

et les sexes des filles commencent à monter
à leur narines enfin décomplexées
de l'orgueil de l'art et de la société
ils n'écrivent plus depuis longtemps

car ils ont renoncé
à ce fameux combat, cette grande idiotie
ils ont fait une croix
sur la vie de contrainte


L'un regarde l'autre
dans le noir des non sens
et comprend très bien
qu'il va finir par perdre

ce qui restait de lui
dans le petit bruit
de mort de l'aube qui se lève
Nous l'aurons traversé
aussi mal que l'histoire

ce bel anniversaire
cette bonne vieille blague
l'enterrement de jeunesse
la maison qui t'attend
le salariat d'esclave
et cette vieille amoureuse
cette grande compagne
pour qui deux compagnons ont décidé de vivre







Publié dans Vers versus

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